Comment prévenir les risques de mouvement de terrain ?
Il est possible d'agir sur ces risques de deux manières, en intervenant sur l'aléa ou sur les enjeux. Les mesures de protection mises en place visent à réduire au maximum l'aléa dans les zones menacées, cependant il est souvent difficile d'arrêter un mouvement de terrain après son déclenchement. La prévention a pour objectif de réduire la vulnérabilité des personnes et des biens au sein des secteurs exposées.
En conséquence, il est nécessaire de développer l'ensemble des types d'actions suivants en vue de réduire l'impact des mouvements de terrain :
- Amélioration des connaissances
- Information préventive et sensibilisation des populations
- Surveillance, alerte et gestion de crise
- Réduction de la vulnérabilité en maîtrisant ou en adaptant l'urbanisation et l'aménagement des zones à risque
- Réduction de l'aléa mouvement de terrain
Amélioration des connaissances
Pour pouvoir agir, il faut connaître. La connaissance des aléas et des risques de mouvement de terrain est donc un préalable fondamental à leur prévention.
En matière d'état de la connaissance sur les risques « mouvement de terrain », des bases de données existent recensant l'historique des mouvements de terrain, ainsi que la localisation des cavités souterraines naturelles et anthropiques sur le territoire national.
En savoir plus avec les bases de donnée sur:
> Les mouvements de terrain
> Les cavités souterraines
Au niveau de la région Languedoc-Roussillon, il n'existe pas encore de carte permettant d'avoir une vision globale de l'aléa mouvement de terrain sur le territoire régional. Une étude doit prochainement être lancée dans le cadre de cet Observatoire en vue de la réalisation d'une telle carte.
Par contre, concernant l'aléa spécifique « retrait-gonflement » des argiles, des démarches ont été engagées à un niveau départemental en vue d'améliorer la connaissance sur ce risque particulier : cartographie réalisée sur le département de l'Hérault, programmées pour 2007 sur les départements du Gard et de l'Aude.
Information préventive et sensibilisation des populations
En matière d'information préventive, les documents relatifs aux DDRM (au niveau départemental), DICRIM (au niveau communal), IAL (au niveau des biens immobiliers vendus ou loués) sont consultables directement dans les préfectures, ainsi que dans les mairies des communes exposées à ce type de risque, et parfois sur leurs sites Internet respectifs.
Au niveau national ou régional, il existe peu d'actions en vue de sensibiliser le public, les décideurs, les administrations, les constructeurs... face aux risques de mouvements de terrain. Des actions d'information, voire de formation sur les aspects tels que l'identification des zones et des types d'aléa, la prise en compte de ces phénomènes dans les choix d'aménagement du territoire et pour la réalisation de constructions, les consignes concernant la conduite à tenir en cas de mouvements de terrain dans les secteurs à risque mériteraient cependant d'être développées.
En savoir plus en consultant un exemple d'initiative communale d'information sur les risques de mouvement de terrain sur le site web de la Ville de Perpignan:
> Consulter le site interrnet.
Adaptation de l'urbanisation et de l'aménagement dans les zones à risque
La réduction de la vulnérabilité des enjeux (population, bâtiments, aménagements divers...) passe avant tout par la maîtrise de l'urbanisation, voire l'adaptation des constructions dans les zones à risque, par le biais des documents d'urbanisme (SCOT, PLU) ou des PPR .
- PPR : Au même titre qu'un PPR inondation, des zones inconstructibles peuvent être définies au titre de la dangerosité de sites soumis à l'aléa mouvement de terrain. Dans les zones de plus faible aléa, le PPR peut prescrire ou recommander des dispositions constructives selon le type de mouvement de terrain, telles que l'adaptation des projets et de leurs fondations au contexte géologique local, des dispositions d'urbanisme, telles que la maîtrise des rejets d'eaux pluviales et usées, ou des dispositions concernant l'usage du sol.
A l'heure actuelle, en Languedoc-Roussillon, il existe différents types de PPR prenant en compte les mouvements de terrain : PPR spécifiques au risque mouvement de terrain, PPR multirisques intégrant ce risque, PPR « chute de rochers », PPR « sécheresse » (traitant de la problématique du retrait-gonflement des argiles), PPR miniers ou Cavité (affaissement ou effondrement de cavités souterraines)
Pour le cas spécifique des « PPR sécheresse », seules des dispositions constructives sont imposées dans le cas de constructions implantées sur des secteurs soumis à l'aléa retrait-gonflement des argiles.
En savoir plus sur le zonage des sols argileux sur le site du BRGM:
> Consulter le site internet
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PLU/SCOT : La prise en compte des risques naturels, dont les mouvements de terrain, par les collectivités locales dans les projets d'aménagements du territoire est imposée par le Code de l'urbanisme, via les documents d'urbanisme tels que les SCOT et PLU. Les plans locaux d'urbanisme (PLU) permettent notamment de refuser ou d'accepter sous certaines conditions un permis de construire dans des zones exposées.
Lorsque ces risques ne sont pas pris en compte dans les documents d'urbanisme, le fait que les PPR soit approuvés leur confère le titre de servitude d'utilité publique obligeant, de ce fait, les Maires à les annexer au PLU et à s'y conformer lors de la délivrance des permis de construire.
Dans le cadre de la réduction de la vulnérabilité, si le cas extrême pour les constructions nouvelles est l'interdiction, pour les constructions existantes, il s'agit de la procédure d'expropriation. En effet, il est possible d'avoir recours à l'expropriation pour des biens exposés à des mouvements de terrains, des affaissements de terrain dus à une cavité souterraine ou à une marnière, lorsque ces derniers sont imminents et mettent en jeu des vies humaines.
Surveillance, alerte et gestion de crise
Contrairement au phénomène inondation, les dispositifs de surveillance et d'alerte sont peu développés dans la région sur les sites de mouvements de terrain. En effet, si des mouvements de terrain connus sont auscultés ponctuellement lors de périodes de crise et post-crise (le long de l'autoroute A75 par exemple), le couplage d'une surveillance continue et d'une alerte s'applique aux sites dits de « grands glissements », peu présents dans la région en dehors de quelques zones de glissements du Lodévois et du site de la Baillanouse dans les Pyrénées-Orientales.
Avant la crise, les communes exposées aux risques de mouvement de terrain peuvent planifier la mise en œuvre des secours dans le cadre de Plans Communaux de Sauvegarde (PCS).
En cas de mouvement de terrain affectant des enjeux identifiés (voies de communication, zones habitées ...), la mairie, les services départementaux de la Protection Civile, les services techniques de l'Equipement et parfois des collectivités territoriales ou les réserves communales de secours, lorsqu'elles existent, assurent la mise en sécurité des personnes et des biens, ainsi que le soutien aux populations sinistrées.
Mesures de protection
Il est souvent difficile d'arrêter un mouvement de terrain après son déclenchement. C'est pourquoi, il est préférable de développer au maximum la prévention en privilégiant notamment l'interdiction de nouvelles installations en zone à risque ou bien l'adaptation des constructions existantes en fonction du contexte local.
Toutefois, pour les phénomènes déclarés et peu actifs, il est possible de mettre en oeuvre des solutions techniques afin de limiter le risque, à défaut de le supprimer. Les actions de protection sont diverses et varient d'un phénomène à l'autre, voici quelques exemples :
- reprise en sous-oeuvre des bâtiments ou lutte contre la dessiccation des sols pour le retrait-gonflement d'argile,
- drainage pour évacuer l'eau du sol ou à l'arrière d'un soutènement pour les glissements.
- mise en place d'ouvrages d'arrêt, purges ou stabilisation des masses instables concernant les chutes de blocs
- renforcement / remplissage des cavités ou fondations profondes pour limiter les effondrements de cavités souterraines
- drainage des sols, végétalisation des zones exposées au ravinement dans le cas de risque de coulées boueuses



